En lisant le chapitre « déchiffrage de partitions » vous devriez comprendre toute la logique du programme
« Apprenez à regarder autrement la partition »
Quand vous déchiffrez une partition, vous devez trouver la tonalité et repérer les techniques pianistiques que vous connaissez et ensuite repérer les passages à travailler à part. Ceci vous évitera de perdre du temps. (Cela prouve que le solfège ne suffit pas et surtout qu’il faut assembler plusieurs connaissances ou expériences en même temps).
Les qualités indispensables pour être bon en déchiffrage de partitions
Parfois des personnes croient qu’il suffit d’apprendre à lire les notes pour savoir déchiffrer des partitions, comme je dis souvent « la musique ne se lit pas comme un journal ».
Et comme je dis aussi assez souvent, « s’il suffisait d’être bon en solfège, tout musicien pratiquant un autre instrument comme la trompette, le saxo, ou la clarinette pourrait se mettre devant un piano et déchiffrer une valse de Chopin en quelques minutes».
C’est là que l’on comprend qu’il faut mettre en place une vraie progression pianistique et voici en détail ce qui est indispensable à développer pour obtenir une vraie expérience dans ce domaine:
Au piano, à la main gauche :
- Maîtriser de nombreux automatismes.
- Savoir effectuer des déplacements rapides (une main précise et une bonne gestion des yeux)
- Avoir une bonne dextérité, des bons écartements et avoir développé sur de nombreux morceaux des doigtés logiques.
- Savoir plaquer rapidement des accords, la gestion des yeux est également importante, et votre efficacité dans vos changements d’accords dépendra aussi des doigtés utilisés.
- L’attaque des notes, et la façon d’aborder la main gauche, dépendront du style de chaque morceau.
Au piano, à la main droite :
- Les doigtés et les déplacements logiques sont les plus importants et ensuite, comme à la main gauche, la dextérité et les écartements.
- Le plaquage d’accords grâce à des bons doigtés, des bonnes positions de la main, et une bonne gestion des yeux pour les déplacements rapides.
Au niveau du solfège, tout est important, mais voici l’indispensable :
Au minium :
- La lecture rapide des notes.
- La lecture des notes superposées.
- et surtout la reconnaissance rythmique car sans cela, la mélodie n’a aucun sens.
Ensuite :
- Savoir reconnaître la tonalité d’un morceau
- Maîtriser toutes les tonalités majeures et mineures (dans ce domaine, plus on approfondie plus on est efficace, par contre il faut réellement avoir une méthodologie car il ne suffit pas de savoir monter ou descendre les gammes dans toutes les tonalités, il faut largement davantage d’étapes et de recherches afin d’obtenir un côté naturel dans chaque tonalité). Dans notre programme, ce domaine commence à être développé à partir de la série 6.
- Lire les notes superposées ne signifie pas reconnaître l’harmonie et pourtant il faut savoir le faire et le rapidement possible, et j’allais dire, le plus naturellement possible également. Il faut donc savoir lire les notes superposées mais aussi les reconnaître en tant qu’harmonie.
- Les dièses, les bémols et les bécards (altérations ou non altération lorsqu’il s’agit du bécard) peuvent s’alterner dans les partitions et il faut apprendre à ne pas se faire piéger dans ce domaine. En effet, il faut tout de suite traduire ce que l’on voit, c’est-à-dire une note altérée ou pas, une altération qui change à l’intérieur d’un accord etc. en l’appliquant tout de suite sur l’instrument.
Tous les signes concernant les reprises et les nuances sont indispensables.
Solfège, coordination et rythme :
La coordination des deux mains est indispensable et elle s’acquière dans le programme 1ère année surtout grâce aux automatismes développés à la main gauche. Ensuite, toujours à la main gauche, à partir de la série 5, commence l’alternance des basses et des accords.
Les mélodies à la main gauche commencent dans la série 4 avec aussi des lignes de basses.
Par contre la coordination rythmique, c’est encore autre chose :
En effet, avoir des automatismes et savoir lire le solfège ne suffisent pas pour appréhender des rythmes qui varient dans chaque mesure soit à la main gauche, soit à la main droite.
Il faut donc une progression logique qui amène le musicien à se préparer aux changements rythmiques à la main gauche et à la main droite, c’est ce que j’appelle la coordination rythmique.
Cette progression est abordée également dans la série 6 mais sera beaucoup développée dans la série 7.
Enfin, dans ce domaine de « coordination rythmique », il peut y avoir des variantes qui accentuent les difficultés comme un long déplacement dans une main, des notes altérées, des accords plaqués, un passage de notes très rapide etc.
Vous voyez, seulement dans ce chapitre, les combinaisons peuvent être multiples.
Apprendre à regarder la partition d’une autre façon
Enfin le plus important après ces connaissances indispensables, avant de démarrer la lecture du morceau, il faut penser à maîtriser la tonalité du morceau, avoir une méthodologie pour repérer les difficultés (rythmique, déplacements, les harmonies, les notes rapides, les écartements, les passages « coordinations rythmiques » et les pièges s’il y en a avec les notes altérées. Ceci, est donc une technique que je vous dévoile concernant la façon de voir la partition, il y en a d’autres encore et surtout ce sont toutes les étapes que j’ai détaillé qui amènent à maîtriser tous ces critères qui vous permettront d’être bon en déchiffrage de partitions.
Conclusion
On pourrait se dire, s’il faut apprendre tout cela pour être musicien, j’arrête avant de commencer.
Fort heureusement, la méthode COLIN propose un programme musical qui vous fait progresser dans ces directions avec une grande logique, mais en fait, tout le long du programme, vous développez ces habitudes et ces qualités pianistiques indispensables grâce à des morceaux variés dans de nombreux styles avec, j’espère des mélodies agréables et ceci dès les premières séries.
Si vous lisez le chapitre concernant le programme 1ère année, vous prenez conscience que chaque morceau a un rôle pédagogique même les petits rocks qui développent une gestion des yeux intéressante grâce à des déplacements très courts mais rapides.
Par conséquent, ces explications concernant le déchiffrage de partitions sont surtout là pour vous aider à comprendre afin de vous informer qu’il ne faut pas non plus demander de la magie, et dans tout apprentissage, il doit y avoir de la logique, et quand les personnes ne sont pas informées elles se mettent à douter de leur progression.
En effet, si l’élève s’étonne de ne pas pourvoir déchiffrer seul des partitions classiques alors qu’il n’en est qu’aux séries 3 ou 4, cela peut le faire douter, il doit savoir exactement estimer son niveau tout simplement en connaissant les programmes de la 1ère et de la 2ème année.
Mais il doit surtout comprendre que le déchiffrage de partition demande une préparation spécifique qui fait appel à de nombreuses qualités, et c’est la raison pour laquelle que j’ai voulu détailler tout cela.
Ces informations vous permettent donc de comprendre la logique de la méthode ainsi que les objectifs.
ET comme je dis aussi très souvent « il y a une grande différence entre un recueil de partitions et une méthode et il ne suffit pas d’expliquer un morceau pour dire que c’est de la pédagogie, parce que le plus important c’est qu’il y ait une liaison logique entre chaque morceau que l’on apprend parce que le chemin doit être clairement tracé ».
Enfin, pour les élèves c’est très important car « quand on sait on l’on va » c’est à mon avis plus intéressant et savoir « pourquoi on apprend telle technique ou tel morceau » c’est plus motivant.
D’autre part, je considère que lorsque le pédagogue explique en même temps la logique d’un programme, il respecte davantage l’élève par rapport au fait de dire « aujourd’hui on apprend ce morceau », même si l’élève demande encore plus pourquoi ceci, pourquoi cela, il faut être patient et répondre car on est jamais à l’abri d’avoir des questions auxquelles on ne s’attend pas.
Souvent on pense que les années de piano sont une référence ou par exemple le nombre d’heures de solfège par semaine etc., mais dans un bon programme comme je l’entends, toutes les qualités nécessaires pour être un vrai musicien peuvent être développées de la même façon, et il n’y aura aucune perte d’informations musicales si le programme est bien conçu. Pour comprendre cela, je vous invite à découvrir le chapitre « les idées reçues ».